Pendant un an, nous partons faire un tour du monde. Pendant un an, nous explorons le sujet de ce qu’est une expérience immersive. Si on fait la fusion des deux, ça donne…. (roulements de tambours)…. Le voyage immersif ! Pour résumer, le voyage immersif, c’est de faire du voyage un moment inoubliable, qui joue avec notre imaginaire. Ça peut être par exemple un voyage dans un hôtel à thème, ou un voyage au cœur d’une culture.

En dehors de notre newsletter dédié sur le sujet (à trouver ici), on s’est demandé : « est-ce que notre tour du monde est immersif ? » #Inception.

Le sentiment d’immersion en voyage c’est quoi ?

Quand on part en voyage, on quitte son quotidien, ses repères. On a envie de vivre pleinement une aventure, de revenir transformé, et de profiter d’avoir un an de voyage pour sortir des sentiers battus, et de ne pas être un touriste (dans le sens touriste = quelqu’un qui voyage de manière superficielle).

On aimerait éviter ça

L’immersion, c’est entrer dans un nouvel univers, avec son espace-temps et ses règles.

En ce qui concerne notre voyage, il y a deux univers dans lesquels on entre : celui de chaque pays dans lequel nous allons, avec leur histoire, leur culture ; et un deuxième, auquel que nous n’avions pas forcément prévu, celui du voyageur !

Alors, quand est-ce qu’on entre en immersion pendant notre tour du monde ?

L’immersion réussie, 1ère option :

Se sentir un peu plus comme un local

Le moyen le plus efficace pour partager la vie d’un point de vue d’un local… c’est de vivre chez lui ! De notre côté, nous passons par Couchsurfing, ce site qui permet de trouver des personnes chez qui dormir pendant quelques nuits et de partager son quotidien.

A Santiago au Chili par exemple, on a été chez Daniel, un étudiant qui nous a accueilli chez lui – ou plutôt chez ses parents, avec ses frères et ses potes. On redécouvre les soirées étudiantes pas chères à base de cocktails maison mal dosés, mais à base de pisco et de vin chilien ! Nous avons un aperçu du fonctionnement de certains modes de vie : le grand hall avec un gardien qui vérifie les personnes bizarres (qui sont ces deux jeunes à l’air perdu qui débarquent en suant avec des énormes sacs à dos pleins de poussière ?!), la femme de ménage qui fait quasiment partie de la maison, la poudre de jus déshydratée qui a plus goût de sucre que d’orange, la gelée comme dessert national etc.

C’est surtout l’occasion de discuter du pays, de connaitre un peu plus son fonctionnement d’un point de vue un peu plus incarné que la page wikipédia ou la page « histoire » du guide ! Nous en apprenons plus sur les fiertés locales (le pisco c’est CHILIEN), les frustrations (quelle est exactement la répartition du budget national ? ) les bons plans où sortir et manger etc…

Par ailleurs, notre projet sur les expériences immersives nous permet aussi de sortir des sentiers battus, de voyager à un rythme différent, de faire des rencontres et des activités originales.

A Lima, nous avons rencontré une start-up pour le projet qui propose des formations en réalité virtuelle. Nous avons bien accroché avec les 3 fondateurs, et le rendez-vous d’une heure s’est transformé en un déjeuner de 3h dans une marina, à discuter de réalité virtuelle, de l’histoire du Pérou etc. !

Pour notre projet, nous sommes aussi allés voir une pièce de théâtre très cool, Un intento valiente de representar 30 obras in ona hora. Le pitch est dans le titre : montrer 30 pièces en une heure ! C’est assez sportif, et c’est très drôle. La pièce est très contemporaine : elle parle du Pérou d’aujourd’hui, de ses scandales politiques, des discriminations envers les gays ou les femmes mais aussi d’amour, de sexe, et de n’importe quoi (genre de la natation synchronisée). Pari réussi pour l’immersion : c’est une plongée intense dans la culture populaire péruvienne ! On ne comprend pas forcément tout, c’est rempli de références, et on est clairement les deux seuls Frenchy dans la salle…

Ça nous change aussi du théâtre comme on le voit en France : ici on entre avec sa bière, on se colle au voisin et on crie pendant toute la pièce !

L’immersion réussie, option 2 :

Faire partie de la communauté des voyageurs

En voyageant un an, mieux vaut se faire des compagnons de soirée ou de route sur le chemin !

Salut on cherche des amis

Du coup nous discutons beaucoup plus avec les autres voyageurs que pendant des vacances de deux semaines. Ca nous permet aussi de connaitre des endroits à visiter, des astuces pour négocier le taxi ou des auberges cools où dormir et de découvrir tout un tas de façons de voyager : quelques mois en congés sans soldes, en volontariat, sans itinéraire pré-défini, en travaillant à distance…

Nous partageons aussi les galères de voyageurs, nous parlons avec nostalgie de ces petits riens qui nous manquent tellement : prendre sa douche sans avoir à mettre ses tongs, pouvoir ranger ses affaires dans un placard, manger une salade avec du vinaigre balsamique… Chacun vit un à sa façon son grand voyage, mais on partage tous une expérience commune, et nous nous sentons un peu faire partie de cette grande famille itinérante. Et comme on vadrouille tous plus ou moins de la même façon, on peut aussi recroiser des voyageurs et se faire des compagnons de plus longue date, et ça c’est chouette.

Trop d’immersion, c’est la submersion :

“Bon les gars j’me sens pas bien là, j’assume que je suis qu’un gringo qui aime son confort et son wi-fi”

On aime bien faire les malins et sortir des sentiers touristiques, mais parfois on en fait un peu trop !

Au Pérou par exemple, nous avons dû prendre un car de nuit pendant 10 heures sans trop connaitre les bonnes compagnies… Nous grimpons de 0 à 3800 mètres d’altitude d’une traite pendant la nuit ; il ne nous reste plus qu’à prier pour ne pas faire de malaise de montagne. Le tout sans aucune climatisation : le car alterne entre sauna quand les fenêtres sont fermées, à congélateur quand elles sont ouvertes ; en fond, un mauvais film d’action passe avec le volume à fond (et il passe deux fois de suite, c’est meilleur !) ; les sièges sont encore plus pourris que ceux qu’on trouve en Europe.

Bref, vers 4h du matin on envisage vaguement de sortir du car !

La submersion, c’est ce moment où on veut embrasser sa condition de gringo, et où ce qui parait plus ou moins normal pour un local c’est l’enfer pour nous. L’univers dans lequel on est plongé sont prend trop brutalement, et on n’a qu’une envie, c’est d’en sortir. 

Pas d’immersion, c’est l’émersion :

Sentir un peu trop violemment qu’on n’est qu’un touriste

Ne nous enflammons pas quand même : si nous aimons bien faire comme si on était un local pour mieux se plonger dans la culture du pays, nous ne restons que deux Français qui voyageons dans un pays pour quelques semaines.

Ce sentiment de tomber dans le panneau (huhu vous l’avez ?)

Premier facteur qui nous sort de notre doux rêve : la barrière de la langue ! En Amérique latine, on s’en sort plus ou moins parce qu’on se débrouille un peu en espagnol, mais on sait qu’en Asie ce ne sera pas tout à fait pareil. Rien de tel pour bien se rappeler qu’on ne fait pas partie du pays que de ne pas pouvoir se faire comprendre !

Deuxième facteur d’émersion : les usines à touristes ! Vous savez, ces villes où tout est fait pour notre confort d’Occidentaux, pour nous vendre de l’exotisme (ou nous vendre n’importe quoi d’ailleurs). Ces lieux, nous les appelons GringoLandia ! Par exemple, Aguas Calientes au pied du Machu Picchu est le repère des boutiques attrape-touristes avec des vrais faux bibelots d’artisanat, des menus chers « typiques » et pas très bons et des murs qui ont l’air d’être en carton !

L’endroit dans lequel nous marchons parait totalement faux : nous ne rentrons pas dans l’univers car il n’est pas crédible, pas cohérent… Les seuls Péruviens que nous croisons sont les vendeurs ou les serveurs, tout est écrit en anglais, il n’y a aucune vie locale… Bref, nous sommes bien rappelés à notre condition d’étranger.

Aucune immersion, c’est le rejet : on n’y croit plus du tout

Le rejet serait un temps d’émersion prolongé, dans notre cas que nous ne nous sentirions plus du tout ni dans la culture du pays ni en tant que voyageur de longue durée. Pour le moment, nous sommes plutôt satisfaits de ce point de vue-là, nous ne l’avons pas ressenti !

Verdict : voyage immersif ou pas immersif ?

Vous l’aurez compris, la balance penche nettement plus vers de l’immersion pendant ce voyage ! On ne peut bien sûr pas éviter certains pièges à touristes, et reconnaissons-le, c’est parfois agréable d’aller dans un hôtel tout confort, ça reste assez exceptionnel.

Pour résumer, il y a 4 sentiments liés à l’immersion :

L’immersion : c’est le plongeon dans un temps et un lieu particulier. Je me sens transporté dans un autre monde, je deviens quelqu’un d’autre pendant un temps.

La submersion : c’est quand l’immersion est trop intense !

L’émersion : c’est quand je sors du sentiment d’immersion, que je ne crois pas à l’expérience qu’on me propose, que je redeviens moi-même.

Le rejet : c’est quand la magie ne fonctionne PAS DU TOUT, qu’on y croit plus du tout et qu’on veut en sortir. C’est l’émersion en version prolongée.

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