A Osaka, la dernière création de Moment Factory , Sakuya Lumina, vient tout juste d’être présentée ! Comme son nom l’indique, la lumière est au coeur de cette expérience nippone qui émerveillera petits et grands.

Le trailer Sakuya Lumina

La lumière du bonheur, l’univers de Sakuya Lumina

Akiyo vient du futur. Un malheureux portail l’a conduit dans notre temps présent au château d’Osaka. Pour recréer un nouveau portail et la ramener chez elle, il va falloir réunir suffisamment de lumières du bonheur (#JoyLights).

Après un petit quart d’heure d’attente qui sert de prélude à l’expérience, cette trame narrative, plutôt légère, nous est introduite. Elle se déroule sous un chapiteau avec des projections à 360° qui sert de réel sas d’entrée dans Sakuya Lumina.

Akiyo's Tale : le sas d'entrée de Sakuya Lumina. Credits : Moment Factory
Akiyo’s Tale : le sas d’entrée de Sakuya Lumina. Credits : Moment Factory

Ce sas crée un bon état d’esprit et suscite suffisamment de curiosité pour en savoir plus sur l’histoire. Le propos et le ton donnent le sourire aux participants. Tant mieux, c’est le but de l’expérience. Notre sourire pourra peut-être produire les fameuses lumières du bonheur 😉

Alors on marche, on se met à déambuler et à parcourir les neuf autres installations lumineuses, parmi lesquelles : La galerie des Joy Lights, Les arbres à sourire, ou encore la Floraison de la joie ! C’est abstrait ? Regardez le trailer au début de l’article qui vous présente ces installations.

Lumière sur Sakuya Lumina : la place du contexte

L’expérience prend place dans le parc d’un château féodal, la nuit. Elle est véritable démonstration visuelles et sonores dans un lieu unique, sur un ton léger… A l’image de la ville d’Osaka.

Puisant son inspiration dans la culture locale d’Osaka – ses couleurs néons, son humour et sa vitalité – ce parcours nocturne Lumina invite les visiteurs à découvrir le parc du Château d’Osaka d’une toute nouvelle façon.

Moment Factory

Depuis notre voyage au Japon, on ne cesse de nous présenter les habitants d’Osaka comme les plus drôles. On confirme, on a bien ri là bas ! Et cela se retrouve dans l’expérience, à l’image de la vidéo ci-dessous.

Par ailleurs la rue Dotonbori le soir est un festival de lumières et d’enseignes qui surprennent. C’est vivant, ça fourmille de vie.

Même les personnages de l’histoire ne sont pas anodins. Nous retrouvons un Poulpe. Osaka est connu pour ses Takoyaki, des beignets au poulpe (que nous avons adorés par ailleurs!).

Nous n’avions pas forcément compris toutes les subtilités de ces représentations lors de notre expérience. Néanmoins, cela n’a pas dû paraitre anodin pour les habitants. On apprécie la prise en compte du contexte culturel dans les installations et la narration ! Cela rend d’autant plus la pertinence d’une telle expérience à Osaka.

Lumière du Sakuya Lumina : Art x Technologie x Espace

Les installations lumineuses et sonores de Moment Factory ont rendu “cozy” et mystique cette promenade. Les arbres du parc du château sont ornés d’anneaux lumineux. Parfois jaune, rouge ou bleu, ils s’animent, s’agitent, et nous montrent le chemin à suivre.

A chaque installation, une bande sonore nous enveloppe et nous accompagne. Elle concourt, avec les animation, à la création d’une couche de fantaisie.

Le tout se déroule un espace ouvert, réel, qui rend réaliste l’irréel. On peut entendre en même temps entendre le bruit des arbres qui bruissent lorsque le vent souffle, et voir des briques du château parler entre elles. Une vraie démonstration de réalité augmentée, mais sans lunette !

Tout se déroule dans un espace ouvert, réel, qui rend réaliste l'iréel. Credits : Moment Factory
Tout se déroule dans un espace ouvert, réel, qui rend réaliste l’iréel. Credits : Moment Factory

En fait, on ressent réellement l’ADN de Moment Factory dans cette installation : créer des dispositifs immersifs là ou ne les attends pas (nous avions aussi participé à leur expérience Aura qui se déroulait dans une cathédrale à Montréal), qui se joue dans espace réel avec de la technologie pour en modifier les caractéristiques, et qui sont collectifs. Ce n’est pas pour rien que le slogan du studio montréalais est : “On fait ça en public”.

Notre objectif est simple : inciter les gens à sortir de chez eux pour vivre une expérience collective. Dans ce but, nous créons des rencontres épiques qui suscitent la participation du public et diffusent une énergie positive.

La mission de Moment Factory

Quelques zones d’ombres tout de même

L’expérience compte tout quelques faiblesses

Premièrement, le spot publicitaire mal placé

Le prélude, l’attente avant de débuter l’expérience, est une belle invitation dans l’univers de Sakuya Lumina. Nous y retrouvons des lumières et un fond sonores caractéristiques de Sakuya Lumina. Nous rentrons progressivement dans l’expérience… et là, BIM, un gros spot publicitaire de leur partenaire Suntory. Ce partenaire semble être “responsable” de l’une des installations dans l’œuvre, par ailleurs très jolie (la rivière lumineuse). Mais ce spot tombe comme un très gros cheveux sur la soupe ! Nous avons trouvé qu’il n’avait rien à faire là et qu’il cassait l’effet souhaité du prélude.

Deuxièmement, l’histoire n’est-elle pas trop légère, et notre rôle trop peu développé ?

Nous nous sommes posés cette question avec Charlotte. D’un côté, nous trouvons qu’une histoire légère est au service d’une promenade sans prise de tête. Cela rend l’expérience accessible à tous. D’un autre coté, on ne peut s’empêcher de penser qu’on aurait pu aller plus loin. Notre rôle est trop limité. Si les dispositifs sont interactifs, et que nos sourires sont censés aider Akiyo à rentrer chez elle, on sent bien qu’il n’y a pas plusieurs fin possibles et que nous n’avons guère d’influence sur l’histoire. De même, les personnages sont présentés très brièvement. Nous ne connaissons rien d’eux en dehors de leur nom ! Les “amis” d’Akiyo ne servent pas à grand chose, et sortent de nulle part. En bref, on ne s’attache pas du tout aux personnages et notre curiosité du début s’estompe. Tout est cousu de fil blanc.

Troisièmement, un format qui aurait peut-être valu encore plus d’éléments physiques !

Akiyo et ses amis n’apparaissent qu’en format digital. Il aurait pu être intéressant d’y ajouter un aspect théâtral avec des apparitions réelles des personnages. Nous l’avons espéré jusqu’à la fin pour rendre encore plus palpable ce jeu de physique/digital. Peut-être que des questions de rentabilité ne permettent cependant d’aller aussi loin ? Mais il y a déjà beaucoup d’opérateurs, donc pourquoi pas quelques acteurs en plus ?

C'est dommage ! surtout quand on sait que même derrière les personnages fictifs, se cachent des captations d'acteurs ! Credits : Moment Factory
C’est dommage ! surtout quand on sait que même derrière les personnages fictifs, se cachent des captations d’acteurs ! Credits : Moment Factory

Quatrième point, Instammersion spotted

C’est devenue monnaie courante désormais dans beaucoup d’expérience : le lieu compte son nombre de spots photos. On s’arrête, on se prend en photo, on partage. Mais le parcours devient irrégulier, avec des temps d’immersion et d’émersion très fréquents. On comprend qu’Instagram a réellement modifié notre rapport à l’expérience (cf notre article sur le sujet ici). Cela casse un peu notre immersion, on est pas fan mais on va devoir s’y habituer #nonauconservatisme.

Enfin, l’immersion c’est toujours cher

Nous sommes restés près de 40 minutes dans l’espace avec un prix du billet à 30€. Cela fait presque 1€ la minute. C’est une expérience assez unique mais qui coûte, comme souvent, assez cher !

Vers des promenades lumineuses ?

Moment Factory nous livre ici une promenade nocturne augmentée. De la promenade nocturne, on retrouve la déambulation, tranquille, dans un lieu plutôt agréable et dans lequel on peut s’arrêter pour rêvasser. On retrouve aussi un format accessible, sans prise de tête, facilité par la légèreté de l’histoire et des installations. On peut s’y rendre avec ses enfants après le travail et y passer un agréable moment.

De plus, c’est un formidable outil de valorisation du patrimoine. Le parc du château, d’ordinaire peu fréquentée le soir, ramène désormais du visiteur. On découvre, ou redécouvre pour certains, le parc et le château de nuit. C’est beau !

Le Chateau d'Osaka la nuit lors de Sakuya Lumina, magnifique ! Credit : Moment Factory
Le Chateau d’Osaka la nuit lors de Sakuya Lumina, magnifique ! Credit : Moment Factory

Et c’est scalable.

Si les éléments de représentation s’inspirent de l’imaginaire culturel japonais dans le choix des couleurs, des personnages et du lieux… la trame narrative semble suffisamment flexible pour s’adapter à n’importe quel contexte. Tout comme les installations lumineuses. D’ailleurs, en cherchant un peu, on découvre que Sakuya Lumina n’est pas le premier essai, ni le dernier. Il y a aussi Kamuy Lumina, Island Lumina, Vallea Lumina, etc. Tant mieux, c’est très rafraichissant comme format !

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