Nous avons testé une salle d’arcade à thème bien glauque à Tokyo : Anata No Warehouse. Le thème : la citadelle de Kowloon. Elle fut une “no-go” zone chinoise à Hong Kong au XXème siècle, et qui sera finalement détruite dans les années 2000.

L’expérience :

Premier contact avec Anata no Warehouse : le bâtiment. Il dénote face au Tokyo ultramoderne et propre. D’un aspect délabré, sale, il se repère de loin et nous donne déjà le ton.

Le bâtiment vu de l’extérieur… pas mal non ?

Une fois à l’entrée, on voit quelque jeunes Tokyoïtes avancer vers l’entrée, une sorte de sas qui s’ouvre, avec un « psssschhhh ».

Rien de rassurant, on se décide à les suivre…

Autant dire que si on ne savait pas qu’il s’agissait d’une salle d’arcade, nous n’aurions clairement pas mis les pieds ici ! A l’intérieur, c’est plutôt sombre. On se retrouve dans une ruelle un peu crade, la nuit. On entend, des conversations, en chinois. Des bruits de la vie quotidienne. En quelques secondes, on se retrouve dans ce Kowloon, sale, peu éclairé, mais avec une vie qui fourmille. Cela colle avec ce que nous avions lu avant d’y arriver : en 1990, cette enclave est la plus dense du monde : 1 923 076 habitants au km², ce qui laisse peu de place à la lumière. Bien sur, tout cela est une mise en scène !

Voir l’ensemble de la salle Anata No Warehouse (cette vidéo n’est pas à nous).

C’est une entrée en matière assez impressionnante. Du rez-de chaussé au premier étage, la mise en scène est impeccable et rien ne sonne faux. Même les toilettes ont bénéficié d’un soin particulier !

Même les toilettes ne sont pas si accueillantes !

Cependant, la mise en scène s’essouffle après deux étages. On y découvre des machines à sous et des jeux d’arcade que l’on pourrait trouver n’importe où ailleurs.

On aime :

Une mise en scène hyperréaliste

On a rarement vue un aussi bel « avant » et « début » d’expérience utilisateur (ouais on fait style on parle design !). Les décors, le son, l’absence de foule créent une atmosphère très convaincante. En quelques secondes, l’univers d’Anata nous enveloppe pour nous couper du monde réel. C’est rapide, brutale, intense.

Du poulet dans une salle d'arcade ?
Coucou, tu veux du poulet ?

Une expérience abordable

L’entrée est gratuite, et les jeux ne sont pas spécialement plus chers qu’ailleurs et c’est à saluer !

On aime moins :

Une rupture brutale de l’immersion

Les créateurs n’ont, malheureusement, pas été jusqu’au bout. Avec une telle entrée en matière, nous nous attendions à avoir les miquettes pendant toute la soirée ! Très vite cependant, les machines à sous brillent, les jeunes s’éclatent sur les jeux d’arcade de type Mario Kart et la peur s’effondre.

Passé le rez-de-chaussé, une partie du premier étage et une toute petite partie deuxième étage, nous pourrions nous croire dans n’importe quelle salle d’arcade ! Cela aurait été tellement plus cool de jouer le thème jusqu’au bout avec par exemple des jeux d’horreur en Arcade. Ils sont inexistants ici, dommage. Le retour à la réalité est donc aussi brutale que l’entrée en immersion #émersion #déception.

Beaucoup de machine à sous, assez peu de jeux d’arcade

Nous l’avions lu sur plusieurs blogs, et c’est une réalité. La plupart des jeux sont des machines à sous. Vous pouvez dépenser sans compter pour espérer d’attraper une peluche ou figurine de manga. Pas de drame non plus, les jeux d’arcade présents, bien que peu nombreux, sont tout de même fun et le billard permet de compléter au besoin.

Ce que l’on en retient :

Un décor bien travaillé, c’est toujours quelque chose d’efficace

Nos premières réactions en entrant : wahou ! La mise en scène est probablement unique. Nous n’avions rien vu de tel. Même sur une façade extérieure de bâtiment.

Le contexte, un atout avec lequel on peut jouer

Anata No Warehouse réunit trois éléments qui attirent une bonne partie des touristes au Japon : le gaming, le bizarre et la peur. Oui le japon est encore le pays des fans de jeux vidéos ! Le Japon c’est aussi plein de bizarrerie, kawaï ou dérangeante et c’est aussi quelque chose que l’on peut venir chercher. Enfin, notre imaginaire autour de la peur s’est nourri du cinéma d’horreur japonnais, très populaire au début des années 2000 (The Grudge, The ring en tête) et cela laisse des traces. Cela explique probablement l’attractivité des visiteurs / joueurs pour ce type de salle.

Please Don’t Stop the Music !

Mettre la barre très haute dès le départ est un pari risqué. Cela place le participant dans un niveau d’attente très élevé. Il vaut mieux proposer une expérience qui permette de finir au moins sur le même niveau d’émerveillement qu’au départ. Ici, on monte très haut pour descendre assez bas, sans jamais remonter.

Alors, envie de tester d’autres espaces à thème glauques ?

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