A Kuala Lumpur, Hauntu inspire la terreur. Depuis plusieurs mois cette expérience, entre maison d’horreur, théâtre et fiction, terrifie ses participants ! Avec notre courage à deux mains, nous sommes partis explorer cet hôtel hanté…et, NO SPOILER ALERT, nous avons peur !

Le trailer de lancement

L’expérience 

31 août 1957, jour de l’indépendance de la Malaisie. Nous arrivons à la réception du Colle Eastern Hôtel. Après avoir réalisé le check-in, pris la clé et nos bagages, nous sommes prêts à rejoindre notre chambre. On nous prie d’attendre dans le restaurant de l’hôtel le temps que la chambre soit préparée.

Nous n’avons pas choisi cet hôtel au hasard.

Le frère d’Aidil (l’un des membres de notre équipe) y travaille et il ne l’a pas vu depuis longtemps. Il nous a fait venir en Malaisie pour vivre ce jour historique ! Mais nous comprenons vite que ce n’est pas la seule raison de notre visite. En effet, le serveur nous fait parvenir une carte postale. Le frère d’Aidil nous signifie avoir vécu des scènes troubles et requiert notre aide. La carte est tachée (de sang?!) . L’écriture, brouillonne.

Le cadre est à peine posé que l’on vient nous chercher pour nous montrer notre chambre.

Il est une heure du matin dans l’histoire et nous sommes pressés de pouvoir enfin nous reposer. La chambre semble faire l’affaire bien que peu lumineuse. L’ambiance y est étrange entre cette télévision, écran cathodique, qui retransmet les images grésillantes, en noir et blanc, de l’indépendance de la Malaisie. Après quelques secondes seuls, nous entendons des cris. Notre maitre d’hôtel apparait à notre fenêtre donnant sur les couloirs, tout en sueur. Il rentre, tremblant, déboussolé, terrifié. Il s’est passé quelque chose. Puis, le courant se coupe.

Les couloirs n'ont pas grand chose de rassurant ! Credits : Hauntu
Les couloirs n’ont pas grand chose de rassurant ! Credits : Hauntu

C’est ici que commence notre fuite dans un dédale de couloirs sombres, poursuivis par on ne sait quoi.

Les personnages que nous rencontrerons au fur et à mesure de notre aventure ne feront rien pour nous rassurer. Et Aidil, le frère, où est-il bon sang ?! Quel est ce mal qui le prend et qui semble hanter ce lieu ?!

C’est ce que nous chercherons pendant une heure, à trois, dans cette expérience prévue pour accueillir jusqu’à 10 personnes par session.

Ce que l’on a aimé dans Hauntu

1. Le travail réalisé sur l’avant expérience 

Un système de double « SAS » permet de complétement flouter les lignes entre le réel et la fiction.

Premier SAS : la réception

L’accueil de l’expérience est un accueil d’hôtel ! La réceptionniste vérifie notre réservation – d’hôtel ou de jeu ? Les deux ! Ensuite elle nous explique les règles de l’expérience. Enfin, elle finit par nous donner les clés (bien réelles) et le numéro de notre chambre. Aussi, elle nous invite à rejoindre le restaurant en veillant bien à ne pas oublier notre bagage déposé à côté de l’entrée (cela tombe bien, nous n’en avions pas apporté !).

La réception n'est que le premier SAS ! Credits : Hauntu
La réception n’est que le premier SAS ! Credits : Hauntu

Second SAS : le restaurant

Alors que nous attendons dans le restaurant, le Macho Nachos. Le serveur nous offre à boire. Il nous demande si l’on souhaite commander à manger… Nous sommes perdus : sur la carte des prix sont affichés : est-ce que cela fait partie de l’expérience ?

Dans l’attente du maitre d’hôtel, qui veille à la préparation de notre chambre, nous développons une certaine appréhension. Cette attente semble interminable et l’ambiance feutrée ne nous rassure pas. Surtout lorsque le serveur nous remet cette fameuse carte postale de notre frère. L’expérience ne commence pourtant réellement qu’au moment de monter dans la chambre.

Ce qu’en disent les créateurs

Les créateurs nous ont expliqué avoir réalisé un énorme travail pour immerger les participants au moment même où ils se présentent au comptoir de l’expérience. Cela passe par un travail visuel (décor, costumes, lumières, etc.) mais aussi comportemental. Les opérateurs en charge de vérifier la réservation et de vous expliquer le rôle et les règles, font partie intégrante de l’expérience. Leur comportement est cohérent avec ce que nous vivrons ensuite.

2. La création d’un stress physique et psychologique

L’expérience parvient à équilibrer les différents rythmes avec des poursuites effrénées par des créatures obscures, des tête-à-têtes inattendus avec des personnages très étranges, ou des rituels de magie noire. Les moments de véritables repos sont rares mais permettent de reprendre ses idées et de suivre le récit.

Si certaines scènes relèvent plus du jumpscare, avec des êtres possédés qui nous poursuivent dans des couloirs sombres, d’autres reposent sur “la peur de la peur” et une tension dans l’attente.

Par exemple, Aidil (notre troisième compagnon pour cette expérience) doit se faire exorciser. Ce rituel consiste à l’allonger par terre, dans une une sorte de débarras éclairée par une ampoule capricieuse. A l’aide d’encens, une femme récite les paroles magiques. Aidil est totalement pétrifié. Puis la lumière s’éteint. Et rien ne se passe. Mais notre peur est là. Nous avons bien plus peur de la peur elle-même, ce que nous expliquait déjà les créateurs de Séance dans cet article.

Il n’y a qu’a voir la réactions des participants pour comprendre cette peur :

Scène de réactions des participants

3. L’exploitation de l’imaginaire malaisien

C’est une tendance qui commence à apparaître : les créateurs veulent créer des expériences en s’inspirant de leur propre contes et légendes, et pas seulement reprendre les grands succès occidentaux (comme Sleep no more inspiré d’Hamlet ou Alice Underground d’Alice au pays des merveilles).

Haunt U exploite les superstitions de nombreux malaisiens qui croient en la magie noir, nous expliquent les créateurs. La fiction prend place à Kuala Lumpur lors de la fête de l’indépendance et les acteurs sont tous malaisiens.

L'expérience est créée par des malaisiens, animés avec des acteurs malaisiens et pour un public local ! Credits : Hauntu
L’expérience est créée par des malaisiens, animés avec des acteurs malaisiens et pour un public local ! Credits : Hauntu

C’est finalement assez rafraichissant de voir la création de nouveaux imaginaires, comme nous en avions entendu parlé avec l’Afro-futurisme.

4. Des règles martelées, sans être dérangeantes

Dans l’expériences les règles nous sont rappelées sous trois formes différentes. D’abord, via une forme de charte écrite à la réception. Assez classique. Ensuite via une vidéo décalée, façon Charlie Chaplin, qui illustre les comportements à ne pas adopter ! Ce format est excellent. Enfin via la voie orale par le biais du maitre d’hôtel, qui nous fait aussi répéter les informations utiles pour être sûrs que nous avons tout retenus (comment s’appelle le frère du personnage ? Quel est le numéro de notre chambre ?). Pas forcément le plus fluide, mais nous avons besoin de ces quelques informations pour bien comprendre l’histoire !

On nous rappelle qu’il ne faut pas courir, qu’on ne doit à aucun moment toucher les acteurs, et que si une porte ne s’ouvre pas, inutile de forcer.

Ces règles sont d’autant plus importantes dans des expériences qui génèrent du stress. Malgré leur martèlement, nous nous sommes retrouvés à courir sous la peur avant de reprendre nos esprits, et nous les rappeler. Bien utile donc.

A noter qu’ici, il n’existe pas de safe words pour les participants. Ce sont les comédiens qui ont la charge d’évaluer s’il faut vous sortir ou non de l’expérience en raison de comportement inadéquat, ou d’une trop grande peur chez le participant.

Ce que nous avons moins aimé dans Hauntu

5. La fin de l’expérience beaucoup trop rapide…

Si l’entrée est progressive et nous entraine doucement mais surement dans la fiction, la sortie est brutale. Après une dernière course, on débouche dans une pièce où nous attend un opérateur qui nous annonce que c’est la fin. Aïe. Et le dénouement alors ?! Raté.

6. A nuancer par un après expérience sympathique

En revanche, nous revenons ensuite dans restaurant. On nous fait parvenir une boîte dans laquelle on peut trouver des éléments de réponses. Nous en apprenons plus sur l’univers, les liens entre les personnages rencontrés, etc. Nous y apprenons qu’il existe trois fins possibles. Que la nôtre a donné suite à telles actions, etc. En fin de compte, ce sont six décisions, à des moments du jeu qui ont permis d’aboutir à cette fin.

Nous avons un temps de décompression / discussion. Les participants peuvent commander des nachos ou des bières pour discuter de l’expérience tout en découvrant les réponses à leurs questions dans la boîte !

La question qui nous taraude

Nous avons vécu l’expérience à trois, un groupe de petite taille suffisant pour affronter le scénario et en même temps trop peu nombreux pour se rassurer les uns les autres.

L’expérience est-elle aussi efficace à dix personnes ?

La bonne idée des créateurs de Hauntu

Trois fins pour une même expérience ! L’équipe nous a partagé le témoignage d’une femme qui a rejoué l’expérience 8 fois (!). Cette dernière voulait découvrir toutes les fins, y compris une fin secrète connue d’un nombre restreint de personnes…

Par ailleurs, nous participions au deuxième épisode d’une série de trois expériences. Si cette expérience n’avait pas de lien apparent avec la première, les équipes d’Hauntu nous ont assurés qu’une fois les trois expériences vécus, le voile serait livré sur ce lieu hanté ! Une belle excuse pour susciter notre curiosité et participer aux expériences suivantes.

De quoi améliorer la re-jouabilité de telle expérience

Bravo à l’équipe d’Hauntu ! Nous nous sommes amusés et nous avons été conquis par l’univers. Une immersion qui fonctionne !

Pour en savoir plus sur l’expérience et réserver votre billet, c’est par ici : https://ihauntu.com/

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