Krampus est un mélange entre du théâtre immersif et la maison hantée : un homme a été sauvagement assassiné dans un petit village. Le bruit court que c’est le Krampus, un être qui vient tuer les personnes qui ne respectent pas l’esprit de Noël. Le village part mener l’enquête au beau milieu de la nuit !

Le pitch sonne bien mais l’expérience en elle même est parfois déconcertante.

L’aventure de Krampus :

Nous avons rendez-vous devant une église dans le centre historique de Lima : une voiture nous conduit devant d’anciennes ambassades. Nous attendons pendant… près d’une heure entre deux poteaux. L’expérience commence : pendant près de 2h30, nous allons suivre Veinti et sa sœur, qui cherchent à savoir si c’est bien le Krampus qui est revenu assassiner un pauvre homme dans le village.

Tout le monde court de bâtiments en bâtiments, à la rencontre de personnages (qui meurent quasiment tous au bout de 20mn) qui nous parlent du Krampus et de ses sbires. Nous sommes poursuivis la plupart du temps par des êtres maléfiques, mais nous comprenons vite qu’ils qui ne vont jamais nous attaquer. Une fois que la moitié du village et morte et que Veinti n’a aucun moyen de battre le Krampus, il finit (avec le peu de sa famille qui lui restait) par être tué.

Des beaux costumes

Ce qu’on a aimé dans Krampus :

Le lieu et les costumes :

Les lieux sont très impressionnants : l’espace est immense, avec 5 bâtiments, cours intérieures et jardins ! Les costumes du Krampus et de ses esprits maléfiques sont très impressionnants et réalistes. L’une mesure plus de deux mètres en étant perchée sur des échasses !

Un des esprits maléfiques du Krampus

Ce qui nous a déçus dans Krampus :

L’absence de sentiment de peur :

Ce qui est très dommage puisque c’est censé être le cœur de l’expérience ! On a des moments de sursauts quand un esprit jaillit à la fenêtre, des moments de peur lors des premières poursuites, mais ça ne marche que les premières fois… Les mécaniques utilisées sont les mêmes durant toute l’expérience. Quelques moments demeurent malgré tout impressionnants, quand l’amante de Veinti porte un voile de deuil et qu’on comprend qu’elle est en réalité possédée, elle est effrayante !

L’absence de sécurité :

Les nombreuses scènes de poursuites ont lieu dans le noir, dans des bâtiments semi-abandonnés avec un sol irrégulier, des marches qu’on ne voit pas… La trentaine de spectateurs se bouscule dans des tout petits espaces. On sait qu’il finira par y avoir un accident !

Notre absence de rôle en tant que spectateur :

Ici le spectateur ne sert à rien. La pièce pourrait se dérouler sans lui, cela ne changerait pas grand-chose. Parfois nous avons un rôle de villageois qui part à la recherche du Krampus, parfois nous sommes un public invisible : que feraient 30 personnes dans une maison à 5h du matin à regarder un frère se disputer avec sa sœur ?

Notre participation est très confuse, et nous savons jamais réellement quel posture adopter. Résultat, lors de la scène finale, la sœur est prisonnière et nous appelle à l’aide, nous n’avons pas compris si nous étions censé faire quelque chose ou non. Dans le doute, personne ne bouge.

La longueur et les effets répétitifs :

L’expérience dure près de 3 heures, et si les premiers moments créent une atmosphère et des attentes, la suite est très déceptive : répétitives, longues, peu cohérentes…

La leçon à en retirer :

Ce n’est pas parce que vous créez une bonne scénographie digne des plus grands films d’horreurs que vous allez réussir à créer une atmosphère prenante ! D’une part, les mécaniques doivent être diversifiées pour pouvoir inspirer continuellement la peur, d’autres part, il faut donner un véritable rôle au public pour créer une immersion intense. Le faire courir partout, tout le temps, ne suffit pas.

Informations pratiques :

Krampus a été monté à Lima, au Pérou, par les équipes de Historias de Media Noches.

L’expérience s’est tenue de février à avril 2019

Vous pouvez retrouver d’autres informations et leurs prochaine programmation sur leur page facebook

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