Le Salkantay Trek, la voie alternative au chemin des Incas pour rejoindre le Machu Picchu. Le titre du Guide du Routard nous plaisait. Les vidéos que nous avions aussi pu voir sur internet nous confortaient dans l’idée que nous allions sans doute en prendre plein la vue ! Nous nous sommes donc lancés dans l’aventure le 27 février 2019 avec l’agence Xtreme Tourbulancia.

La vidéo qui a sans doute contribué à nous lancer dans l’aventure. Oui, nous sommes facilement influençables x)

JOUR 1 : the beginning, des nouvelles copines et des montagnes.Réveil à 4h. Nous devons vite nous préparer, une voiture de notre tour doit venir nous chercher à 4h45. Nous n’avons pas bien dormi la nuit passé, partagé entre peur de ce trek et excitation : nous ne savons pas encore à quoi nous attendre. La voiture arrive, et nous nous retrouvons avec 2 autres filles, belges, le conducteur, nos deux guides, notre cuisiner, direction notre premier point de chute. Le petit dej’ dans la ville de Mollepata. Dans la voiture nous en profitons pour faire connaissance avec Sophie et Charlotte, les deux autres voyageuses qui nous accompagneront une bonne partie de notre voyage et avec qui nous passerons un excellent moment ! On se rassure aussi :

“Vous avez déjà fait des treks vous ?”

“Non, pas trop, et vous ?”

“Non, et ouf, on voulait pas tomber avec des brutasses” :3

Après ce petit dej’ bien garni, nous voila en route vers notre point de départ de marche : Marcocasa. Le programme est simple : marcher jusqu’à Soray Pampa, notre premier basecamp à 5h30 de là.

La marche se passe bien, et l’ambiance est bon enfant ! Le devient cependant nuageux… et il ne fera qu’empirer, jusqu’à pleuvoir quelques trombes x). Les paysages ont l’air très sympa mais bon, on ne peut pas trop en profiter. Notre guide nous rassure : it’s the training day today. But tomorrow is tomorrow, expect the unexpected.

Nous marchons sous la pluie (merci les ponchos de pluie ! nos meilleurs amis du trek). Arrivés au Base Camp nous sommes accueillis par un excellent repas, portions titanesques, aliments succulents, qui nous permettent d’oublier la déception du temps : nous ne pouvons pas visiter les lagunes promises pour cause du mauvais temps. Et puis c’est pas si grave, en fin de journée, le temps se dégage et j’en profite pour faire quelques petites photos sympas de la montagne en face.

Bonjour la montagne :))

JOUR 2 : De l’espoir, des trombes d’eau et des fous rires

Réveil à 5h, par un thé à la feuille de coca. Aujourd’hui est censé être le jour le plus dur de notre trek : 12h de marche, avec un point culminant à 4600m, le col du Salkantay.

Les premières heures sont très agréables. Nous parcourons des paysages verdoyants avec les montagnes en fond de carte. La montée se fait étape par étape, feuille de coca par feuille de coca. A cette altitude, inutile de tenter de courir. Mieux vaut prendre son temps et contempler ce qui nous entoure : les montagnes et leurs pics enneigés, les cascades éparses, les chevaux sauvages, etc

Mais n’oublions pas : nous sommes en pleine saison des pluies. Le temps se gâte pendant la montée. Arrivés au sommet, la vue est…décevante. Les nuages sont très épais et nous ne pouvons pas voir le Salkantay 🙁 . En revanche, nous assistons à un spectacle incroyable. Le mont Salktantay gronde, et puis, soudain, de la neige se détache et file à toute allure : a FUCKING AVALANCHE ; puis une deuxième et enfin une dernière qui durera de plusieurs dizaines de secondes. C’est un moment inoubliable. Le temps de faire la photo au sommet, nous voilà repartis !

Un compagnon s’ajoute contre notre volonté à cette marche épique : la pluie. Elle ne nous quittera plus jusqu’au déjeuner (vers 14h, avec un petit-déjeuner à 5h! ). Trempés, moral dans des chaussettes elles mêmes trempées, la descente est éprouvante. Nous traversons des paysages brouillés par la pluie. Tout à l’air sublime, mais nous n’en profitons pas (on se dit même qu’on “googlera” pour s’imaginer à quoi cela peut ressembler haha). Le déjeuner nous redonne quand même de l’énergie : plus que 2h de descente avant le repos tant mérité !

A 16h30, Nous avons atteint notre point de chute : le second basecamp ! Youhou ! Ah bah non en fait. La boue a envahi notre camp de base et nous ne pouvons pas y planter les tentes (quoi qu’un petit matelas de boue, pourquoi pas?). Après concertation, nous décidons d’opter pour l’option deux : gagner un autre point de chute à deux heures de là. Allez, après tout nous ne sommes plus à ça près et puis la pluie s’est arrêtée. On se meut alors dans une jungle comme des marmottes fatiguées. Le soleil se couche peu à peu, nous finirons cette journée dans le noir ; mais avec un diner encore une fois top et surtout aucun mal pour s’endormir.

JOUR 3 : De la tyrolienne, des adieux et de la farniente

Le programme du troisième jour est plus détente : 4h00 de marche puis 30 minutes de voiture pour rejoindre notre troisième camp de base. Après-midi détente.

Nous traversons la forêt, avec des explications sur la faune et la flore. Certaines plantes sont des parasites, d’autres ont des composantes hallucinogènes. Y vivent aussi des perroquets, des toucans et des papillons d’une couleur bleue incroyable.

L’occasion aussi pour nos guides de nous s’essayer à la peinture faciale, aux multiples significations pour les tribus quechuas.

Les symboles représentent la montagne, l’équilibre entre le monde terrestre et céleste, les animaux des mythologies incas (serpent, condors et puma), etc.

On s’essaye aussi au “basket”, une tyrolienne censée transporter des vivres d’une rive à l’autre. Malheureusement, la pluie ayant détruit le pont principal, c’est nous qui faisons office de vivres ! C’est assez épique comme expérience, on se croirait dans un Uncharted sans méchant et sans musique stimulante.

Nous arrivons sans encombres à notre point de campement. Mais à nouveau notre mental est mis à rude épreuve : Charlotte et Sophie nous quittent. Elles avaient décidé de faire le trek en 4 jours et non en 3 (bouh les nulles ! 😉 ). On s’échange les numéros, les faces de bouk et on se dit qu’on tentera de se revoir à Arequipa ! A bientôt les zamis !

De notre côté, c’est aprem chill avec une virée au “hot springs” de Santa Teresa ! Des sources thermales à 10 sols (+ 20 sols de transport par personne, soit 12€ par tête, après 3 jours de souffrance ça les vaut très largement !), ancrées dans la montagne. Bien sûr nous crevons une roue en route sinon ce n’est pas drôle ; En attendant la roue de secours, notre guide nous apprend aussi que ces jolis petits moucherons oranges qui nous entourent ne sont pas des moucherons inoffensifs, mais des affreux moustiques bien énervés ! Il nous apprend aussi qu’il y a eu un tremblement de terre à Puno, ville cotière au lac Tititica [ndlr : celui ne fera aucune victime ni dégats majeurs ; néanmoins cela rappelle que nous sommes tout de même dans des pays exposés à des risques de catastrophes naturelles importants].

Les sources sont tops et la journée se finit tranquillement avec un espoir : la pluie c’est fini ! Demain, nous pouvons espérer voir le Macchu Picchu depuis le Llactapata, un ancien site inca !

Jour 4 : Du beau temps, de la souffrance et Gringolandia

Nous devons désormais entamer notre dernière montée : 800m de dénivelé jusqu’au Llactapata. On commence par prendre des forces avec la Coffea Experience : rencontre avec des fermiers locaux qui cultivent du café, dégustation et échanges. Le café est délicieux et vous pouvez en acheter directement au locaux si vous le souhaitez, top !

Bon au final le café ne suffit pas : la fatigue des derniers jours se ressent et nous progressons lentement, à tel point que nous nous demandons si notre animal totem ne serait pas l’escargot !

C’est éprouvant, d’ailleurs Charlotte fait un rapide malaise digne d’une fainting goat. Nous ne pensions pas que cela serait si dur surtout après avoir survécu au deuxième jour. Mais nous sommes ici en marathon, c’est une course sur la durée.

Nous avons quelques points de vue sympas qui nous permettent aussi de nous reposer pour reprendre notre souffle.

Et puis, soudain, nous arrivons ! et nous le voyons, il est là : le Machu Picchu ! Alors bien sûr il est petit, mais à cette distance nous comprenons que le site est très grand ! C’est top !

Et puis nous souffrons encore : nous devons désormais descendre jusqu’à Hydroelectrica. 3 heures de descente. Nos mollets sont en feus, nous devenons un peu fous à force de descendre d’interminables lacets. Le train nous attendra pour rejoindre Aguas Calientes (MachuPicchu Pueblo), alias Gringolandia selon notre guide. Nous dormirons dans un hôtel proche du centre avec… de l’eau chaude ! (Oh pitain, ça nous avait manqué !). Demain : it’s Machu Picchu time !

Jour 5 : Machu Picchu time, des cailloux et des ruines qui nous émerveillent

A 7h00, nous voilà à faire la queue pour prendre le bus jusqu’au Machu Picchu. La saison est basse, nous n’attendons pas beaucoup (15 minutes) et hop c’est parti pour 30 minutes de lacets en bus pour attendre le début des vestiges incas.

Une fois entrés, nous fonçons vers différents points de vue pour prendre quelques photos et surtout bénéficier des explications de Puma, notre guide averti ! La claque, c’est sublime et le site est dans un très bon état de conservation.

Ce site, dont on pense qu’il aurait été construit au XV siècle, n’a été redécouvert qu’à la fin du XIXème siècle. Recouvert par des arbres, celui-ci n’était alors pas visible. Un siècle plus tard, nous voilà à fouler ses terres. Il ne s’agit pas d’une forteresse contrairement à ce que l’on pourrait penser mais plutôt à un site religieux, voir même un temple de la connaissance selon notre guide.

L’architecture est à l’honneur. Les constructions en pierre tiennent malgré les âges et les catastrophes naturelles. D’ailleurs, tout comme les pyramides d’Egypte, nous n’avons pas encore de certitudes sur la manière dont les incas ont pu construire un tel édifice ; les techniques de découpes connues n’étant à cette époque pas adaptées pour une découpe si précise.

Nous passerons toute la matinée à défricher la partie urbaine du site, avec de nombreuses explications et des vues magnifiques. En bref, le Machu Picchu : on recommande ! A voir aussi si vous avez le temps : le site de Choquequirao. Celui-ci, moins connu, serait pourtant 5 fois plus grand que le Machu Picchu selon notre guide ; avec une fonction différente : il s’agirait d’une véritable ville inca. Il est pour le moment recouvert en bonne partie par de la forêt mais les fouilles s’accélèrent, à suivre donc !

Et voilà, l’aventure touche à sa fin ! Ce fut vraiment éprouvant, les pluies nombreuses, mais nous ne regrettons pas du tout cette expérience ! Prévoyez tout de même une journée de repos à Cusco. Cela vous permettra de reposer vos muscles et puis de vous repasser le film de ce moment magique 🙂

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