Confinement oblige, Zoom est devenue notre nouvelle porte de communication vers le monde extérieur ; ainsi qu’un nouveau lieu d’expression culturelle ! Pour preuve, c’est bien sur cette application que nous avons assisté à une adaptation de la pièce L’ours de Tchekhov que nous ne connaissions pas du tout. Un très bon moment de rires depuis votre canapé, lit, toilettes, peu importe où vous êtes pour y assister !

Confinement tchekhovien

L’ours est une pièce parfaite pour le confinement ! Éléna Ivanovna Popova, veuve depuis quelques mois, s’auto-confine pour tenir son vœu de fidélité jusqu’à sa mort. Au passage, on y apprend que le mari était tout sauf fidèle. Il profitait largement de la fortune d’Elena pour contracter des dettes en tout genre ! Et justement Grigori Stépanovitch Smirnov – qui n’est pas un représentant commercial de la célèbre marque de vodka – propriétaire terrien souhaite qu’on lui paie les dettes contractées par le défunt mari.

L’une est en situation de deuil, l’autre ne pense qu’à son pécule, forcément les intérêts semblent diverger… Et pourtant, ces divergences vont les rapprocher autour d’un thème qui transcende tout : l’amour !  Et c’est sans oublier le vieux laquais Louka qui permet ci et là de donner quelques pauses de respiration forts sympathiques.

En somme une pièce parfaite pour cette période de confinement. Elle nous donne le sourire et parle de l’amour dans des situations loufoques ! C’était d’ailleurs l’une des volontés de Dot Pierson, metteuse en scène de Mondes Sauvages, après avoir créé Home, une œuvre à vivre depuis chez soi également.

Zoom as a Théâtre !

Nous appréhendions un peu ce moment sur Zoom. Nous avions déjà eu quelques retours sur des représentations à distance. Contraintes par des connexions internet un peu instables qui viennent parfois figer la vidéo ou déformer les voix. Et il y a bien de ça !

Oui, tchekov sur Zoom ça donne ça !

Mais en même temps, le cadre est aussi parfait pour s’évader en douceur dans une forme de cooconing théâtralisé. Nous avons suivi la pièce de notre lit. Avec limite un plaid sur les genoux comme on suivrait un bon film à la télévision. Sauf que là, des acteurs jouaient, rien que pour nous.

Nous étions une vingtaine de spectateurs à assister à la représentation mais nos caméras sont coupées. On ne voit plus les autres spectateurs. Nous sommes seuls avec les acteurs, et Zoom se transforme en théâtre avec un nombre très limité de places assises.

Les acteurs, bien que confinés à des endroits différents, parviennent à recréer l’illusion de partager un même endroit. Et même et à se passer des objets d’un écran à l’autre ! Et si les enchainements sont parfois imparfaits, cela participe complètement à une ambiance « confinement » détournée en contrainte comique. On se sent paradoxalement plus proche des acteurs ! Au théâtre, on suspend sa crédulité : on accepte les monologues – alors que franchement on déclame rarement ses pensées à voix haute dans son salon. Ici c’est pareil. On accepte de croire que les personnages sont dans la même pièce alors que ce n’est pas le cas. Pourtant ce n’était pas gagné !

Tchekhov et L’octogone

La pièce est une interprétation contemporaine dans lesquels les moments loufoques se multiplient. L’équipe a fait preuve de beaucoup d’imagination pour réadapter rapidement cette pièce qui au premier abord, n’est pas si simple. Confinement oblige, il a fallu avoir recours avec les moyens du bord pour recréer certains passages.

On se rappellera longtemps du tutoriel de Grigori sur le fonctionnement des armes à l’aide d’une brosse à dent électrique pour exemple ; L’appel à la « bagarre » qui doit départager Grigori et Elena et qui nous a franchement fait penser au fameux Octogone de Booba / Kaaris ; la capacité du vieux laquais Louka à se téléporter aussi vite que son ombre jusque dans les endroits les plus insolites de sa maison ; ou encore les nombreux livres qui apparaissent à l’écran de manière volontaire ou non comme : votre argent : gérez mieux, gagnez plus, ou Les vertus de l’échel

Les scènes sont drôles, les acteurs convaincants et notre appréhension du départ s’envole pour laisser à place à de la bonne humeur, des rires et de bons souvenirs.

Tchekhov en conclusion

Finalement, on en vient à se dire que ce format devrait perdurer post-confinement. Pour les comédien.nes et metteur.ses en scène, c’est un nouveau métier ! Ils doivent faire scène devant un ordinateur sans voir les spectacteurs ni la metteuse en scène, doivent gérer la caméra, deviennent accessoiristes… On est dans un entre-deux entre du cinéma et de l’art vivant, et rend ce dernier beaucoup plus accessible ! Moins impressionnant que le théâtre, moins de contraintes physiques pour se déplacer… Pour ceux qui ne peuvent pas se rendre dans un endroit éloigné, c’est une nouvelle porte ouverte vers le spectacle vivant !

Pour le moment – la pièce est à prix libre, mais deviendra payante (5€ !) et les fonds sont reversés au SAMU social. Alors, un grand bravo l’artiste : Merci !

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Cet article a 1 commentaire

  1. Irvane Vannick

    Quelle prouesse !
    Un super moment 🤩 avec des acteurs déjantés 🤪qui nous font vibrer à leur rythme 👍et dans leur environnement !
    Seulement 3 qui en comptent double 👏
    À revoir ou simplement à voir 🎭

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