Diversion cinema est entreprise déjà bien connue du paysage de la réalité virtuelle en France. En 2016, elle conçoit son premier cinéma VR à Cannes, avec le soutien du marché du film du festival. Depuis, elle distribue des contenus immersifs en Europe et dans le monde. Pendant une matinée, nous avons pu plonger dans des expériences de réalité virtuelle !

La curation aux petits oignons de l’équipe, Camille et Marc Lopato, les deux dirigeants de l’entreprise : Dear Angelica, The Line, Home, Black Bag et Spheres ! Bref des expériences anciennes et récentes qui ont déjà marqué la jeune industrie de la réalité virtuelle.

Je suis paré pour cette session !

Dear Angelica

Pour ma part (Yann), j’ai vraiment adoré Dear Angelica. C’est un véritable hommage aux personnes que l’on a aimées et qui ne sont plus de ce monde. A la manière d’un journal intime, nous entrons dans les pensées d’une amie d’Angelica. Dans cette intimité, on comprend mieux la relation qui lie ces deux personnages.

La direction artistique, colorée, est un véritable coup de cœur.

On se retrouve plongé dans une succession de tableaux qui se construisent sous nos yeux, tout autour de nous. Chaque scène se dévoile au fur et à mesure. Les images animent les commentaires de la narratrice, une proche de la dite Angelica. C’est beau. C’est émotionnellement prenant. Le sujet suffisamment puissant et personnel pour créer une intimité très forte avec les propos de la protagoniste.

Sans avoir d’action à réaliser, nous sommes là, présent dans les mémoires d’un être humain, à revivre ces moments partagés qui ont marqués sa relation avec Angelica. Nous sommes ce journal. Cela nous rappelle que l’interaction n’est pas une composante nécessaire pour créer des moments immersifs qui comptent.

Le trailer de Dear Angelica

Réalisé par Saschka Unseld et l’artiste Wesley Allsbrook, Dear Angelica est sortie en 2017 et disponible gratuitement sur le store d’Oculus.

The Line

Nous avons aussi vraiment adoré The line. Au ton radicalement différent, il nous incite à sortir de la routine. S’extraire des routes toutes tracées permet de vivre des moments surprenants ; voire même, FAUX SPOILER ALERT : trouver l’amour.

Une fois le casque sur la tête, nous atterrissons dans un monde mécanique miniature. Très joli, haut en couleur, chaleureux, mais rythmé par la routine.

La routine est symbolisée visuellement par des rails tracées sur le sol. Ces rails dictent les déplacements des habitants de la ville. La routine est aussi symbolisée par la musique. Accrocheuse, elle tourne sans cesse en boucle. Enfin, cette routine est au cœur de notre expérience. Les créateurs s’amusent à nous faire revivre la même situation, encore et encore, en y apportant des nuances à chaque fois.

Rodriguo Santoro a été choisi pour être le narrateur de l’histoire – pas n’importe qui puisqu’il incarne, entre autres, Hector Escaton dans Westworld. Il nous conte ainsi l’histoire d’un jeune homme qui va devoir briser la routine pour prendre son courage à deux mains et sauter le pas pour connaitre l’amour. Trivial. La mise en scène des équipes d’ARVORE , la tonalité du narrateur, et l’écriture fonctionnent en symbiose pour offrir une ôde à l’exploration hors des sentiers battus.

En somme, tout ne doit pas toujours rouler comme sur des roulettes ! – hohoho, cette blague est très drôle quand on connait l’expérience d’abord !

Contrairement à Dear Angelica, quelques interactions sont au menu.

Elles sont légères, et n’ont pas grand-chose à voir avec des mécaniques de jeux vidéo, il n’y a pas d’objectifs de victoires ou de défaites, et encore moins des moyens d’échouer. Elles sont une manière d’intégrer l’histoire et d’être, à certains moments clés, maître.sse du scénario. Cette légèreté nous va bien car assez en phase avec le propos.  En somme, tout roule sur des roulettes !

Trailer de The Line

Réalisé par Ricardo Laganaro, The Line est sortie en 2020 et disponible gratuitement sur le store d’Oculus.

Home

Home est un film en 360 qui nous transporte au sein d’une famille à Taïwan.

En général, nous sommes sur la défensive lorsque nous entendons cette association : film + 360. Trop souvent l’ensemble est bancal : les images sont de mauvaises qualité, le format 360 n’apporte rien au fond, et le participant ne sert strictement à rien.

Home fait figure d’exception. Le film arrive à pallier la plupart de ces défauts. Très belle qualité d’image, une atmosphère vivante et authentique, et la volonté de nous faire adopter un point de vue atypique. Nous incarnons la doyenne de la famille, assis dans un fauteuil roulant.

Par rapport à Dear Angelica et à The Line, nous sommes moins surpris, moins émerveillés et moins dans l’esprit WoW.

Néanmoins, c’est la première fois qu’on se dit que le 360 pourrait enfin donner envie d’initier un voyage !

Vous participiez à votre fête d’anniversaire en famille, et différents membres vont venir vous visiter pour célébrer ce moment. Et vu votre âge avancé, vous ne semblez pas pouvoir interagir avec eux, de manière verbale ou non. C’est simple, mais cela permet réellement de mieux appréhender, au travers d’un évènement très spécifique, une culture et ses symboles à la place d’une personne peu mise en avant dans ces productions. En outre, on dit souvent qu’il faut « vivre à la locale » pour mieux comprendre la culture d’un pays lorsqu’on voyage, et Home contient les bons ingrédients pour cela ! – Parole de tourdumondistes.

On se surprend même à ne pas vouloir en finir. A la fin je suis happé par la télé. Elle diffuse un feuilleton chinois à la télé, ma famille est partie, je me dis que la vie est plutôt belle. – Bah quoi ? il a l’air génial ce feuilleton d’abord !

le trailer de Home

Réalisé par Kidding HSU, Home est sortie en 2019 et disponible uniquement via des distributeurs comme Diversion cinema.

Black Bag

J’avais déjà pu me retrouver dans Black Bag à la Galerie Cinéma avant le confinement lors d’un évènement organisé par diversion cinema. Cette fois-ci, c’est Charlotte qui s’y essaye.

Le fameux test à la Galerie Cinéma

Black Bag est une histoire de casse de banque. FAUX SPOILER ALERT : ça va vite mal tourner. Nous suivons les péripéties du casse en suivant un fameux sac noir – d’où le titre.

Ce titre est plus sombre que les précédents.

Les traits des personnages et la tonalité globale l’univers nous font penser aux comics. Celui-ci s’entremêle parfois avec un univers plutôt orienté SF et dystopie.

Malheureusement, malgré cette prémisse alléchante, et passé la découverte de l’univers, le constat est similaire, à quelques mois d’écarts (j’avais pu visionner Black bag en mars) : nos deux âmes très sensibles au motion sickness – l’effet vomito de sa véritable appellation pas scientifique – n’ont pas résisté. Il nous a fallu fermer les yeux pour éviter une catastrophe intestinale ! La caméra bouge trop, trop vite, trop fort. Notre corps physique lui, ne bouge pas. Résultat : on n’est pas bien ! Bref, si vous n’êtes pas sujet à ces problèmes, on vous le conseille vivement !

Le trailer de black bag

Réalisé par Qing Shao, Black Bag est sorti en 2019 et est disponible uniquement via des distributeurs comme Diversion cinema.

Spheres

Arrivé à Spheres, nous sommes déjà un peu essoufflés. Cela fait plus d’une heure et demi que nous enchainons les contenus – rien à voir avec la chute de notre pratique sportive, quoi que…- mais disons que notre cerveau commence à saturer. Nous sommes donc en admiration totale pour tous les curateurs de festival en VR qui doivent enchainer une centaine de contenus en quelques jours ! On vous soutient 🙂

Quoi qu’il en soit, après un petit temps de repos, j’entame finalement notre dernière expérience : Spheres. Spheres, c’est une série de films immersifs pour découvrir notre système solaire et ses secrets. Nous sommes donc plutôt dans une forme de docu-fiction cette fois-ci. Pour notre expérience, nous avons pu visionner l’un des films de cette série : Songs of a Space Time. Narrée par Léa Seydoux dans la version française et de Jessica Chastain pour la version anglaise s’il vous plait !

La narration de Léa Seydoux est juste et elle arrive a nous emporter doucement mais surement dans les confins de l’univers.

Pourtant, l’expérience en elle même ne m’a pas convaincu.

Je n’arrive pas rentrer dans l’expérience. Une voix me murmure : un documentaire classique sur un écran 2D aurait été probablement plus pertinent. En dehors de se retrouver dans l’espace, ce qui est probablement un rêve de gosse pour bon nombre d’entre nous, je n’ai pas su voir l’apport de la réalité virtuelle par rapport à d’autres formats. En outre Gravity, Interstellar ou Seul sur Mars font bien mieux le job.

C’est dommage puisque le groupement d’acteurs à la production est impressionnant : Darren Aronofsky (Black Swan, Requiem For a Dream), Ari Handel (Black Swan, The Foutain) et le studio français Atlas V ! Cela dit, nous n’avons testé qu’un épisodes parmi trois volets existants !

trailer de Spheres

Réalisé par Eliza McNitt et sortie en 2019, Spheres est disponible sur l’Oculus Store Spheres et distribué en lieux physiques par Citylights.

Que peut-on en retirer ?

Rien. Nous sommes fatigués. Allez, bisou comme dirait l’autre 😊 Bon, en fait non, on rallume un peu les neurones pour terminer !

Charlotte tiendra-t-elle le coup jusqu’à la fin ?! Réponse non, mais moi non plus ! 🙂

Force est de constater que, un an et demi après notre tour du monde, la question du “pourquoi” dans un projet immersif est toujours aussi valable. Passer d’un média traditionnel à l’immersif doit être justifié. Il faut une volonté de proposer un expérience nouvelle et considérer la place du participant à l’intérieur. Surtout, il faut comprendre les spécificités d’écriture et de conception d’une expérience immersive.

Ce qui nous a aussi marqués lors de cette session c’est l’importance d’avoir une bonne histoire qui embarque le participant et le prend à partie. Ces bonnes histoires, contrairement aux livres ou au cinéma, engagent le participant dans leurs mondes intérieurs. Combiné à la puissance technologique et artistique qui apporte une dimension spatiale et sensorielle, une nouvelle magie s’opère. Et la réalité virtuelle devient un média capable de créer des histoires surprenantes. Une thèse d’ailleurs que nous défendions déjà il y a an dans notre article sur l’importance du contenu plutôt que de la technologie, notamment dans le domaine du jeu vidéo !

Le matériel est désormais suffisamment abouti pour créer des expériences extraordinaires.

Et le catalogue de contenus s’étoffe. Nous avons aussi l’opportunité de tester plusieurs casques pendant cette session. Feu l’oculus Go, qui correspond à une entrée de gamme, au Valve Index, le meilleur casque sur le marché selon Marc (Diversion cinema). Ces casques répondent en réalité à des besoins différents. A l’avenir, peut-être serait-il pertinent d’intégrer ces éléments : contraintes/avantages/possibilités/mauvais usages dans le processus de conception pour exploiter au mieux les capacités de l’outil et surtout ne pas louper sa cible : Veut-on permettre à tous de voir un film sans interaction auquel cas il vaut mieux opter pour un Oclulus Go qui fait largement le job. Veut-on permettre de vivre des expériences incroyables à un public restreint auquel cas, les casques Index ou Vive semblent tout droit désignés, etc.

Et puis, nous restons convaincus que l’adoption de la réalité virtuelle sera encore assez lente, n’en déplaise aux grands technologistes qui nous avait déjà prédit qu’en 2020, on serait tous masqués, mais d’un casque de réalité virtuelle !

Et puis surtout, merci à Marc et Camille de nous avoir accompagnés dans ce moment pour le moins surprenant et très enrichissant ! Pour retrouver Diversion cinema et son actualité, rendez-vous sur leur site.

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