Faire un tour du monde des expériences immersives, c’est top non ?! Oui mais c’est quoi une expérience immersive ? Après quelques recherches, on s’est rendu compte que cette question était plus complexe qu’il n’y parait et que l’immersion recouvre des réalités bien différentes ! ( +1 pour le jeu de mot 😉)

L’immersion, c’est d’abord physique !

Dans l’internet mondial, les premières définitions proposées exposent avant tout un phénomène physique :

L’immersion c’est l’ « Action d’immerger ou de s’immerger, c’est-à-dire d’entrer complètement dans l’eau, de plonger un corps ou son propre corps dans un liquide » [1].

C’est dommage, ni Charlotte, ni moi, n’avions sauté dans une bassine pleine d’eau pour avoir la sensation d’être en immersion. Echec n°1.

En revanche, en cogitant un peu sur cette définition et nos ressentis lors d’expériences dîtes immersives, nous avons pu formaliser 4 points clés :

1.L’immersion modifie notre distance à l’objet.

On « entre dans l’eau ». Il s’agit de passer d’un point de vue externe, de type spectateur (je vois l’eau), à un point de vue interne, de type acteur (je suis dans l’eau et j’interagis avec celle-ci).

2.Elle s’accompagne d’une réponse sensorielle.

Puisque nos sens sont considérablement impactés par ce changement d’univers. Essayez d’écouter dans l’eau vs l’air, vous verrez, c’est un peu plus brouillon !

3.Elle provoque une réaction cognitive.

Puisque notre cerveau doit comprendre ce nouvel espace pour pouvoir nous aider à mieux l’appréhender.

4.Elle est relative à une action « Action d’immerger ou de s’immerger ». 

Ainsi, il s’agirait d’un mouvement. En revanche à ce stade on ne sait pas si on choisit délibérément de s’immerger ou non.

Ces éléments nous permettaient, à ce stade, de mieux appréhender les expériences que nous avions tous les deux vécues. Par ailleurs, dans la plupart des autres tentatives de définition que nous trouvions, beaucoup associaient l’immersion à la réalité virtuelle. Nous avions participé à quelques expériences, au Mk2 VR ou encore le parcours VR de la Villette, et nous avions adoré la sensation.

Mais nous savions que l’immersion n’était pas liée au seul fait technologique. Nous savions aussi que les formats étaient multiples : il existe, par exemple, du théâtre immersif et nous en avions fait l’expérience avec Le Secret quelques temps auparavant.

La réalité virtuelle est un outil au service de l’immersion. Elle est, entre autre, capable de créer un sentiment de présence, soit “la perception psychologique d’être « là », à l’intérieur de l’environnement virtuel et dans lequel la personne est immergée”[2].

Le voyage pour mieux comprendre l’immersion

Le terme immersion est aussi utilisé dans le cadre des voyages. On dit souvent que le meilleur moyen de découvrir une culture, un pays, un peuple, c’est d’y aller en immersion.

Être en immersion dans un pays c’est « se sentir transporté, capturé par ces cultures étrangères afin de mieux la comprendre »

Nous qui voulions faire un tour du monde, relier immersion et la notion de découverte & voyage nous allait totalement !

En abordant la notion d’immersion sous l’angle du voyage, nous pouvions ajouter deux nouveaux éléments à notre réflexion :

1.Le fait de se sentir « transporté »

Dans une réalité qui n’est pas la nôtre. En échange au Canada, je vivais une expérience intense, à comprendre le mode de vie canadien et sa culture ; tout en ayant en moi un brin de culture française et en sachant que ce n’était qu’une paranthèse dans ma vie. C’est une expérience intense, très émotionnelle dans ce cas-ci. Découvrir de magnifiques paysages, se laisser surprendre par la complexité d’une culture, c’est éprouver des émotions fortes. Qu’elles soient positives ou tristes, l’immersion est toujours accompagnée d’émotion ; et cela renforce significativement notre capacité d’attention.

2.La caractéristique de « compréhension » de l’immersion

Au final, l’immersion peut être au service de l’amélioration de la compréhension d’un objet. Par exemple, nous avons découvert que l’immersion peut être mise au service de la lutte contre les discriminations puisqu’en activant des émotions qui s’apparentent à l’empathie, on se projette dans l’autre et l’on devient potentiellement plus compréhensif de sa situation[3]. Et puis, on le constate souvent : on apprend bien plus vite une langue lorsque l’on s’immerge dans une culture.

L’immersion n’est pas toujours positive. Nous avions le sentiment que l’immersion pouvait complétement hacker notre attention ; parfois même en proposant un univers plus attrayant que la réalité. Ready Player One ou Matrix en sont de parfaits exemples : certaines personnes, quand bien mêmes auraient conscience de la réalité, préfèrent opter pour un monde virtuel pour oublier une situation réelle qu’elles refusent. Il existe un risque d’abandon de la réalité avec l’immersion, on peut y lâcher prise pour pouvoir vivre des sensations d’autant plus fortes et captivantes.

Restait à définir la fusion des termes « expériences » et « immersion ». Nous étions effectivement familiers avec la définition d’expérience, notamment celle de l’expérience utilisateur, que nous mobilisions parfois lors d’atelier dans nos jobs. Il s’agit des ressentis et des comportements d’un utilisateur lorsqu’il est en situation d’usage d’un produit ou service. Nous touchions ainsi du doigt (pourvu que cela ne soit pas une illusion !) la compréhension que nous souhaitions avoir.

Notre définition de l’expérience immersive

Suite à ces premières réflexions, nous avons décidé d’opter pour la V1 suivante de notre définition :

« Une expérience immersive invite ses participants à entrer dans une création dans laquelle les frontières entre le réel et l’imaginaire sont floues dans le but de considérablement impacter leurs ressentis et / ou modifier leurs comportements »

Cette définition, large, permet de trouver un consensus intéressant parmi la pluralité d’expériences immersives existantes, notamment car :

On passe de la logique de spectateur à partie prenante. Le participant entre dans un univers. Il était extérieur à la scène et devient véritable partie prenante interne à l’expérience. Le degré d’interactivité est ensuite à définir : de la partie prenante déambulatoire, à la partie prenante actrice, voire auteure de la scène.

L’expérience est conçue par un créateur : toute expérience a son créateur avec ses envies, ses objectifs, ses biais etc. L’expérience a été pensée et conçue par quelqu’un. Il s’agit donc de créer volontairement de l’immersion, dans un objectif défini.

L’expérience immersive crée une illusion : Les frontières entre réel et imaginaires s’estompent et permettent de tromper son participant. 

L’intensité émotionnelle et cognitive d’une expérience immersive est puissante : le recours à des mécanismes sensoriels, cognitifs et émotionnel, permet de créer des chocs qui peuvent entrainer des modifications radicales et inattendues du comportement.

L’expérience immersive n’est qu’un outil :  L’expérience immersive n’est pas une fin en soi. Il s’agit d’un outil au service d’objectifs très différents : appréhender une culture, recréer du lien entre l’Homme et la nature, modifier des comportements d’achats, ou simplement nous émerveiller, etc.  

La technologie n’est pas nécessaire : Une expérience immersive peut avoir recours à des technologies immersives (VR, AR, etc) mais cela n’est pas obligatoire. Des tournures narratives et scénographiques peuvent aussi créer des ambiances immersives.

Et vous qu’en pensez-vous ? Quelle est votre définition ? N’hésitez pas à en discuter en commentaire ou à venir échanger avec nous autour d’un café !


[1] https://www.linternaute.fr/dictionnaire/fr/definition/immersion/

[2] Immersion et Sentiment de Présence, par l’université du Québec en Outaouais – http://w3.uqo.ca/cyberpsy/fr/pres_fr.htm

[3] J. Bailenson, 2018, Experience On Demand : What virtual reality is, how it works, and what it can do, édition NORTON


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