Bienvenue dans le monde du paranormal. Vous êtes dans le noir complet. Soudain vous entendez un bruit. De quoi s’agit-il ? Est-ce réel ? Est-ce que cela vient d’un enregistrement ? L’avez-vous vraiment entendu ou imaginé ? Mais qu’est-ce que c’est ?!

C’est la situation dans laquelle vous vous retrouvez si vous participez à Séance. L’installation plonge une trentaine de participants dans une obscurité totale, pendant 15 minutes, pour leur faire vivre une expérience sonore à la limite du paranormal. Nous avons pu nous entretenir avec Salvador Garza Fishburn, producteur de l’expérience au Mexique et David Rosenberg, l’un des créateurs de l’expérience.

Trailer de Séance !

Qu’est-ce que Séance ?

Séance, c’est une expérience qui prend place dans un conteneur. Trente participants sont placés autour d’une table et se retrouvent dans une obscurité totale. Une obscurité dérangeante puisqu’on se retrouve rarement – voire jamais – dans un environnement où l’on ne peut même pas apercevoir ses mains.

Puis, à l’aide de casque audios et d’enceintes nous allons diffuser des sons très particuliers. Il va être extrêmement difficile pour l’audience de comprendre ce qui est réel et ce qui ne l’est pas. Ils ne sont jamais complétement sûrs de ce qui se passe.

Ce binôme (obscurité + sons) va permettre aux participants de se créer leur propre histoire. En fonction de leurs croyances et de leurs passé, ils vont s’imaginer des choses très personnelles et intenses. En ce sens, les participants sont eux-mêmes générateurs de l’histoire et en sont les protagonistes.

Il s’agit donc une expérience sensorielle avant tout ?

Bien sûr ! La vue constitue la première source d’information. Privés de ce sens, avec des sons spécifiques et des micro changements de températures, nous pouvons créer un imaginaire fort.

En fait, nous arrivons à créer ce que la Réalité Virtuelle (VR) n’arrive pas à faire pour le moment : une immersion complète… et pourtant sans le recours à des images visuelles ! Quand vous êtes bombardés de stimulations visuelles, il est difficile de se concentrer sur l’histoire. Ici, les participants sont au contraire bien plus réceptifs.

Comment créez-vous la peur inhérente à l’expérience ?

La peur vient de l’incertitude. Nous mettons l’audience dans une certaine vulnérabilité pour que la frontière entre ce qui est réel et ce qui ne l’est pas soit complètement floue. Les participants, privés de leur sens principal (la vue) sont complétement déboussolées et s’imagine eux-mêmes leur propre peur.

La peur peut aussi venir des instructions que nous donnons au départ. Nous tentons de briser l’invulnérabilité apparente des participants de manière progressive et douce : une fois dans ce conteneur vous ne pourrez plus en sortir, vous serez entourés d’inconnus, les téléphones ne peuvent pas être utilisés, vous ne pourrez parler que lorsque nous vous y autorisons, etc. Cela crée un climat d’appréhension fort chez un participant.

“Une fois dans le conteneur, vous ne pourrez plus en sortir”

l’une des instructions du départ de Séance

Mais vous n’avez pas besoin d’avoir peur pour apprécier l’expérience. Il s’agit de traiter avec une certaine conception de la peur, et d’en apprendre plus sur votre propres certitudes et croyances.

Enfin, l’effet de groupe est intéressant, vous vivez cette expérience avec des gens que vous ne connaissez pas et qui vont avoir des réactions qui vont agir sur votre propre comportement. Cela influe largement sur votre propre perception.

Pourquoi une expérience aussi courte ?

D’une part, peu de personne tiennent réellement à s’assoir pendant une heure pour vivre une expérience de ce type. Par ailleurs, l’expérience est intense, 15 minutes suffisent largement pour pouvoir obtenir les effets souhaités.

Et puis 15 minutes c’est aussi un temps intéressant d’un point de vue de la participation. Pour un participant lambda, c’est facile de se dire : « Allez, ce n’est que 15 minutes, je me laisse tenter, au pire si ce n’est pas top ça ne durera pas longtemps ». On touche un public différent, peu habitué à ce type d’expériences.

Mais n’est-ce pas aussi un temps compliqué ? Peu de gens sont prêts à se déplacer pour seulement 15 minutes.

D’où l’idée du conteneur ! L’idée c’est que l’expérience viennent à eux, pas l’inverse. Nous sélectionnons nos endroits dans des lieux de passages (centres commerciaux, près de théâtres, dans des festivals de musique, etc.). Et idéalement, à terme, peut-être que ce type d’expérience pourra se retrouver dans des parcs d’attractions dédiés ! Le futur de la maison hantée ? Pourquoi pas ! 

Le conteneur est d’ailleurs idéal pour cela, non ? Pourquoi avoir choisi spécifiquement un conteneur pour l’expérience ?

D’une part, le conteneur ça parle à tout le monde. Tout le monde est familier avec cette forme. L’idée consistait à vous faire entrer à l’intérieur et à y découvrir un nouveau monde. A l’extérieur, c’est une simple boîte, à l’intérieur, un nouvel univers s’offre à vous.

Il est visible du public et on est forcément intrigué lorsque l’on voit un conteneur dans un lieu où il ne devrait pas en avoir.

Par ailleurs, c’est un objet qui permet de d’atteindre à un niveau d’obscurité totale, et avec lequel on peut jouer facilement : l’espace étant limité il est facile de réajuster l’environnement.

Le fameux conteneur ! Credit : Malanoche

D’où vient l’inspiration pour Séance et comment avez-vous créé la pièce ?

Séance vient avant tout de l’idée de provoquer de l’anxiété, mais surtout un niveau de conscientisation fort de ses propres croyances et peurs. Nous essayons de créer une situation dans laquelle les personnes sont capables de s’analyser et de comprendre leurs ressentis, leurs comportements à la limite de la rationalité.

C’est un moyen d’explorer la peur par l’incertitude. Nous avons d’abord donc créé la pièce à Londres pour ensuite l’apporter au public mexicain. Et c’est intéressant puisque les croyances n’étant pas les mêmes, les réactions sont complètement différentes !

Quelles ont été les difficultés rencontrées pour créer cette expérience ?

Le processus de création sonore. C’est un travail complexe et difficile. Créer le bon son au bon moment et permettre aux gens de donner vie à ce son et de lui donner une réalité dans leur imaginaire demande du temps et du travail.

C’est en somme complexe de créer un environnement paranormal réaliste avec seulement du son comme médium. Nous utilisons un enregistrement binaural qui vise à restituer dans chaque oreille un son le plus proche de la réalité.  

L’une des plus grosses difficultés vise à jouer avec la psychologie des gens. On ne provoque pas la peur de manière explicite. Ce sont les gens eux-mêmes qui se la créent.

Enfin, les expériences immersives, c’est quelque chose de très nouveau au Mexique. Dans le nord, peu de gens vont au théâtre. Il a donc fallu adapter notre langage pour pouvoir attirer des participants et les placer dans un contexte inédit, ne pas utiliser le mot « théâtre » par exemple.

Le futur pour vous ?

Et bien, nous avons créé un nouveau show à Londres, Flight, qui devrait là encore traverser l’Océan !

Séance est désormais terminé ! L’expérience était accessible en janvier 2019 à Saltillo au Mexique. Elle reviendra bientôt dans d’autres villes du Mexique, au Royaume-Uni et dans d’autres pays. Nous n’avons malheureusement pas pu tester l’expérience. Néanmoins les commentaires très positifs sur l’expérience et la description des créateurs nous donnent très envie de vivre leur prochaine expérience !

Pour en savoir plus sur Séance et découvrir leurs prochaines dates, ça se passe ici (le site) et ici (facebook)
Vous pouvez aussi suivre les prochaines productions de Darkfield, société de création du show ici
(le site) et ici (facebook)

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