Alice au pays des merveilles est une œuvre qui inspire depuis des générations de nombreux artistes. Le pays de l’immersion n’échappe pas à la règle : de nombreuses œuvres immersives reprennent la célèbre œuvre de Lewis Caroll (comme celle-ci à Paris ou tous ces lieux à thème à Londres). Nous étions donc curieux de découvrir l’exposition au Arts and science Museum de Singapour. Et nous avons été agréablement surpris ! C’est une exposition immersive, mais qui mise moins sur la technologie que l’interaction, le jeu, et la pédagogie pour vous faire découvrir autrement le chef d’œuvre.

Aperçu de l’exposition Alice – Wonderland – cc The Guardian

Le parcours de l’exposition Alice – Wonderland :

A l’entrée de l’exposition, un guide nous accueille dans le bureau de Lewis Caroll et nous remet une un livret sur le thème du chapelier toqué. Il existe d’autres symboles possibles (Reine de cœur, etc.)

Nous comprenons rapidement que ce symbole a une importance. Dans chacune des pièces de notre parcours, nous aurons une petite quête à résoudre pour nous guider vers des œuvres en particulier. Une manière de faire de la pédagogie de manière maligne, sans entrer dans la surinformation. Par exemple, dans la première salle, je dois chercher un petit symbole de chapeau afin de trouver des photos ou des films en particulier.

Au dos de la carte, nous avons la moitié du corps d’Alice. Le haut de son corps est caché à plusieurs endroits, et si on dépose la carte pour la voir en entier, un film est projeté !  La personne à l’accueil nous enjoint également à fouiller tout ce qu’on peut, que ce soient des tiroirs, des portes ou des panneaux.

La carte du chapelier toqué - exposition Alice Wonderland
Se repérer grâce à la carte du chapelier toqué – cc ACMI, Phoebe Powell

C’est parti !

La découverte commence dès le bureau et nous en apprenons plus sur la vie de Lewis Carroll. Nous passons ensuite par plusieurs lieux iconiques du pays des merveilles : le hall des portes, la piscine de larmes, la chenille qui donne des conseils, la tea-party du fameux chapelier toqué etc. Chaque salle a son propre décor thématique. Elle nous présente les différentes œuvres d’Alice, du premier roman aux multiples adaptations cinématographiques.

Ce qu’on a aimé :

Une exposition absurde pour une œuvre absurde  :

Alice au pays des merveilles est un roman fantastique, absurde et magique. Or la plupart des expositions la présente sous un format très classique. Dommage, c’est pourtant un terrain idéal pour une exposition atypique ! Ici, on plonge dans l’œuvre et ses différentes scènes par une scénographie grandeur nature :  que ce soit dans la piscine aux larmes, la maison du lapin dans laquelle Alice grandit démesurément ou le thé du chapelier toqué. Ces décors, eux-mêmes absurdes, sont tout a fait cohérent avec l’œuvre originale.

Le visiteur vit l’aventure d’Alice tout en découvrant la vie prolifique de l’œuvre. #Inception

Alice in Wonderland - the interactive exhibition
La piscine aux larmes – cc ACMI Anne Moffat

Le jeu au service de l’apprentissage :

De nombreux jeux parsèment l’exposition. A l’entrée, on nous donne pour mission de fouiller partout, et de trouver des dessins d’Alice cachées pour trouver des petites vidéos. Dans le couloir aux portes, nous avons plus l’impression d’être dans un labyrinthe que dans un musée ! A nous d’ouvrir des (fausses) portes, trouver des tiroirs cachés… On s’amuse, et les récompenses sont les objets de la collection, comme des photos de Lewis Carroll, des extraits des premiers films etc… On franchit la barrière de l’observateur pour se muer en explorateur de l’œuvre. Les quêtes sont légères mais permettent de donner un but à l’exploration de chaque nouvelle pièce et de servir le propos pédagogique de l’exposition. Au final, on s’amuse et on en apprend plus que jamais sur l’univers de Lewis Caroll.

Les différents niveaux de lectures, pour les petits comme pour les grands

L’exposition associe jeux, textes, photos et vidéos : tous les âges peuvent y trouver leur compte. Les enfants cherchent davantage les activités ludiques, comme se prendre en photo et devenir l’une des cartes de la Reine de cœur, et les parents en apprendre plus sur les différentes productions avec des niveaux de détails intéressants.

Ce qu’on a moins aimé :

Quand la forme prend le dessus sur le fond ?

Nous prenons un grand plaisir à visiter l’exposition Alice, et nous nous en souviendrons. Mais de quoi exactement ? Un mois après l’avoir visité, nous nous rappelons du parcours, des jeux… Mais demandez-moi le nom d’un des réalisateurs ou de ce qu’a apporté chaque film… C’est un peu plus flou ! Nous sommes assez partagés sur le sujet, Yann a bien plus retenu les différentes productions d’Alice que moi.

Exposition Alice in Wonderland - Singapore
Un costume de la reine de coeur – cc UXmmersive

Ce qu’on retient de l’exposition d’Alice :

Le jeu est excellent pour faire redécouvrir une œuvre que l’on croit connaître.

Interaction, jeu, photos, énigmes… les façons de créer de l’immersion en exposition sont multiples et ne se résument pas aux projections murales ! Mais si nous avons beaucoup aimé ce format bien adapté au sujet d’Alice, nous nous demandons comment une telle approche pourrait être répliquée à d’autres contenus.

La scénographie et le jeu pour lutter contre le #jenairienretenudelexpo :

La surinformation constitue souvent une difficulté des expositions sur Alice au Pays des Merveilles. L’œuvre, ayant connu milles et unes interprétations, analyses, adaptations, on en ressort souvent la tête un peu lourde. Ici, on évolue directement dans les décors de l’œuvre. C’est très visuel. Par ailleurs le simple fait d’avoir une petite quête pour en savoir plus sur un personnage permet d’éveiller la curiosité !

Exposition Alice in Wonderland
Alice a été repris dans la pop culture – cc ACMI Phoebe Powell

Le livret en low-tech pour lutter contre l’effet #Avengers-trop-cool-les-effets-speciaux-mais-ça-marche-pas-en-fait :

Les expositions immersives ont tendance à trop se reposer trop sur des technologies dernier cri pour en mettre plein la vue. Le projection mapping, c’est cool mais ça peut être assez fatiguant pour les yeux et le cerveau !

Quant aux applications en réalité augmentée ou virtuelle, c’est souvent très compliqué pour les intégrer de manière fluide dans le parcours du participant. S’il faut télécharger une application, il faut s’assurer que le participant ait une connexion internet, un smartphone, de la batterie, la dernière version de son OS, de la mémoire libre, et l’envie de télécharger cette application (pas si évident donc). Pour la réalité virtuelle, il faut un opérateur qui aide le participant à enfiler le casque. Il faut également veiller à l’hygiène du casque, à la création d’un contenu sans motion sickness, etc. Bref, pas top.

Ici, votre livret est la technologie qui guide le participant tout au long de l’exposition d’Alice – Wonderland. Placez le dans des bornes dédiées pour déclencher une animation. Très simple et accessible pour tout le monde, comme les jeux de société : de 7 à 77 ans…

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